Répit des aidants : éclairage sur le baluchonnage (remplacement temporaire de l’aidant vivant avec son proche)

On estime qu’il y a aujourd’hui 11 millions d’aidants en France. Si ce chiffre recouvre des situations bien différentes, on leur trouve souvent un point commun : la fatigue et l'état d'épuisement de l’aidant, qui ne compte pas ses heures pour s’occuper de son proche, au détriment parfois de sa propre santé. Occupé à 100 % par son rôle auprès du proche aidé, il a tendance à enchaîner les journées sans faire de pause, sans prendre le temps de souffler, de s’aérer, de se vider la tête. Pourtant, s’octroyer un peu de répit est indispensable. Des solutions existent, comme les accueils de jour (1) ou le baluchonnage. On vous en dit plus sur cette deuxième option.

Crée en 1999 au Québec, le baluchonnage est un service de remplacement temporaire de l’aidant vivant avec son proche. Concrètement, un intervenant spécialisé s'installe au domicile de la personne aidée et prend la place de l'aidant, nuit et jour, sur une courte période, allant généralement de quelques jours à quelques semaines. L’objectif est de permettre à l’aidant de se reposer durant plusieurs jours, en sachant que son proche ne quitte pas son environnement, et d’offrir ainsi une solution souple et flexible à ceux qui en font le choix.

Et en France ?

En France, le baluchonnage n’est pas encore totalement démocratisé, en raison d’un cadre légal encore flou. En effet, le dispositif tel que déployé au Québec déroge aux règles en vigueur en matière de temps de travail dans l’Hexagone. Cependant, des formules s’y apparentant sont proposées par plusieurs structures (2) et des expérimentations sont menées depuis près de deux ans dans le cadre de la loi du 10 août 2018. En effet, l’article 53 de cette loi autorise les établissements et services sociaux et médico-sociaux à expérimenter pendant une durée de trois ans la mise en place de ce type de prestations. Autrement dit, avec ce texte, il existe une dérogation pour permettre l'expérimentation à grande échelle du baluchonnage. Celle-ci est regardée de près par Baluchon France, qui le promeut sur le territoire national (3).

Plateforme de répit 

Dans les faits, le baluchonnage reste donc encore marginal, mais la situation est appelée à évoluer. Le 23 octobre 2019, le gouvernement a présenté sa « Stratégie pour les aidants familiaux 2020-2022 ». A cette occasion, Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées, a annoncé la création d'une « plateforme de répit » qui proposera diverses solutions, comme des places dans des maisons de répit et des initiatives de « relayage ».

C’est quoi le relayage ?

Un professionnel passe plusieurs jours consécutifs, 3 au maximum actuellement au domicile de la personne aidée ce qui permet de libérer l’aidant qui peut par exemple en profiter pour s’occuper de sa santé. Une mesure qui ressemble bien au baluchonnage et dont les contours devraient être précisés en 2020. Enfin, même si on n’opte pas pour une pause « longue durée », il ne faut pas oublier de souffler de temps en temps. Associations, accueils de jour, autres membres de la famille… Toutes les pistes peuvent être envisagées.

(1) Pour en savoir plus :

https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/vivre-domicile/aller-laccue...

(2) Voir article publié sur le site d’Age Village :

https://www.agevillage.com/actualite-16046-1-Repit-des-aidants-le-baluch...

(3) Pour en savoir plus :

https://www.associationjetaide.org/baluchonnage-et-droit-du-travail-en-f...

 

Pour aller plus loin