La dénutrition

La dénutrition touche, en France, environ 2 millions de personnes, il paraît donc intéressant d’en expliquer les contours : qu’est-ce que la dénutrition ? Qui est concerné ? Pourquoi et comment faire pour l’éviter ?

Définition de la dénutrition :

C’est une insuffisance d’apports alimentaires face aux besoins de l’organisme et/ou une augmentation des pertes en nutriments.

Pour la mesurer d’un point de vue médical, on parle d’une perte de poids involontaire
- de plus de 5% du poids total, en un mois
- ou de plus de 10 % du poids total, en 6 mois 
La dénutrition est d’autant plus grave que le poids de départ est bas et que la perte de poids est rapide et importante.

La cachexie est l’étape ultime de la dénutrition, avec une fonte de la masse musculaire et des réserves adipeuses.

Attention ! La dénutrition peut être engendrée par une perte de poids volontaire initialement, comme dans l’anorexie mentale ou autres troubles du comportement alimentaire.

Qui est concerné ?

Les personnes âgées, celles qui oublient de manger comme les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer.
Il y a également les patients atteints de maladies qui nécessitent des traitements lourds, qui entraînent une perte d’appétit ou une augmentation des besoins (hypercatabolisme) et ceux  atteints de maladies touchant le tube digestif.

Pourquoi faut-il éviter à tout prix la dénutrition ?

Un poids stable est important pour que les traitements soient efficaces.
Une personne malade non dénutrie résiste et récupère mieux. Elle cicatrise plus vite après une chirurgie, par exemple.

Comment lutter contre la dénutrition ?

En mettant tout en œuvre pour que le patient puisse manger des repas agréables,  dans un cadre favorable :
- en prenant le temps de l’accompagner dans ses repas, à des horaires adaptés
- en lui proposant une alimentation adaptée à ses goût et dégoûts, avec une texture lui permettant de manger (problème de fausses routes, de dentition…)

La dénutrition doit être dépistée, prévenue et traitée.
Une consultation devra être envisagée avec un diététicien qui proposera, en fonction du patient :

- un enrichissement de l’alimentation sous un faible volume : enrichissement en protéines et en énergie

- un enrichissement de l’alimentation en faisant appel aux CNO : Compléments Nutritionnels Oraux : boissons, crèmes, potages enrichis que l’on consomme en plus des repas principaux

- si l’enrichissement de l’alimentation est impossible par la voie orale, il proposera une alimentation entérale de manière ponctuelle ou plus longue : il s’agit d’une poche contenant des nutriments prédigérés qui est reliée par le nez, l’estomac ou les intestins et qui comblera les besoins nutritionnels, notamment durant la nuit

- si cela est impossible, il proposera une alimentation parentérale (par voie veineuse), conjointement avec le médecin

Et bien entendu, pour cela : il faut peser le patient ou se peser soit -même régulièrement (environ une fois par mois) quand on est une personne âgée ou une personne fragilisée par la maladie !

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