L'Accident Vasculaire Cérébral

Un accident vasculaire cérébral (AVC) ou attaque cérébrale, est une défaillance de la circulation du sang qui affecte une région plus ou moins importante du cerveau.

Il survient à la suite de l’obstruction ou de la rupture d’un vaisseau sanguin et provoque la mort des cellules cérébrales.

Chez la majorité des gens, il n’y a pas de signe précurseur d’une crise. Toutefois, plusieurs facteurs de risque peuvent être surveillés.

Les AVC ont des conséquences très variables. Plus de la moitié des gens en gardent des séquelles. Environ 1 individu sur 10 récupère complètement.

L’AVC peut survenir à tout âge : si l’âge moyen de survenue d’un AVC est de 74 ans, 25% des patients ont moins de 65 ans et 10% moins de 45 ans. Ces dernières années le nombre d’AVC affectant des personnes jeunes a augmenté de manière significative.

La gravité des séquelles dépend de la région du cerveau atteinte et des fonctions qu’elle contrôle. À la suite d’un AVC, certaines personnes auront de la difficulté à parler ou à écrire (aphasie) et des problèmes de mémoire. Elles pourront aussi être atteintes d’une paralysie plus ou moins importante du corps.

Reconnaître les symptômes

Lorsque les cellules nerveuses sont privées d’oxygène, ne serait-ce que pendant quelques minutes, elles meurent; elles ne se régénéreront pas. Aussi, l’importance des séquelles de l’AVC va dépendre du délai de prise en charge  médicale de l’accident et va influencer considérablement les conséquences physiques (paralysies, déficit neuro sensoriels, troubles du langage).

Les symptômes sont extrêmement divers car ils dépendent de la localisation exacte de la lésion. Cependant, certains signes très fréquents doivent donner l’alerte :

• une faiblesse musculaire, une paralysie d’un ou plusieurs membres ou du visage, le plus souvent d’un seul côté du corps (hémiplégie),
• une perte de sensibilité ou un engourdissement d’un ou plusieurs membres ou du visage,
• une perte de la vision d’un œil (cécité unilatérale) ou de la moitié du champ visuel pour chaque œil (hémianopsie), ou encore une vue double (diplopie),
• des difficultés à parler, soit en raison d’une difficulté à articuler (dysarthrie) et/ou à trouver ses mots, soit en raison de l’utilisation de mots inintelligibles et/ou de difficultés à comprendre ce que l’on entend (aphasie),
• des troubles de l’équilibre ou de la coordination des membres,
• des troubles de la vigilance pouvant aller jusqu’au coma,
• un mal de tête brutal, intense et inhabituel.

Causes

L’athérosclérose, c’est-à-dire la formation de plaques de lipides sur la paroi des vaisseaux sanguins, est l’une des principales causes de l’accident vasculaire cérébral. L’hypertension artérielle, les troubles du rythme cardiaque, la consommation de tabac et l’existence d’un taux de mauvais cholestérol sont des facteurs de risques qui aggravent le risque de la survenue d’un AVC. Avec le temps, la pression anormale exercée par le sang sur la paroi des vaisseaux sanguins peut provoquer leur rupture. La rupture d’une artère du cerveau peut être facilitée par la présence d’un anévrisme. L’anévrisme est un gonflement d’une petite section d’une artère, en raison d’une faiblesse de la paroi.

Il n’est pas toujours possible de déterminer la cause exacte d’un AVC. Il est important, cependant, que les médecins la recherchent en procédant à divers examens afin de réduire le risque de récidive.

Les différents types d’AVC

Il existe deux types d’accidents vasculaires cérébraux.

• La thrombose ou ischémie cérébrale sont la formation d’un caillot sanguin qui va obstruer complètement une artère cérébrale et empêcher l’irrigation d’une partie du cerveau en privant d’oxygène les cellules cérébrales de façon définitive dans la majeure partie des cas. Ce type d’AVC représente 80 % des cas.

• L’hémorragie cérébrale en représentant 20 % des cas d’AVC constitue la forme la plus grave. Elle est causée en général par l’existence d’une hypertension artérielle non traitée ou mal équilibrée qui va en exerçant une augmentation de la pression au sein d’une artère cérébrale ou bien d’un anévrisme jusque-là inconnu du patient, provoquer la rupture de la paroi et provoquer un saignement intra crânien.

Ces deux types d’AVC vont laisser des séquelles persistantes et irréversibles, ce qui doit les distinguer de l’AIT (Accident ischémique transitoire) avec les mêmes symptômes mais qui disparaitrons en moins de 48 heures en ne laissant aucun dommage physique. L’AIT devient alors un signal d’alarme qui doit être pris en charge impérativement pour éviter qu’il ne se transforme en AVC.

Après un AVC : quelles séquelles, quels risques ?

La sévérité d’un AVC est variable, allant de l’accident ischémique transitoire qui régresse en quelques minutes sans laisser de séquelle, à l’AVC gravissime conduisant au décès en quelques heures ou quelques jours, en passant par l’AVC qui laissera des séquelles définitives plus ou moins lourdes. Globalement, on estime qu’un an après l’accident 20%, des patients sont décédés. Parmi les survivants, environ 2/3 récupèrent une indépendance fonctionnelle et 3/4 peuvent reprendre une activité professionnelle.

Les séquelles les plus fréquentes sont dominées par l’existence d’une hémiplégie plus ou moins complète (paralysie de la moitié du corps, la paralysie du membre supérieur ou inférieur est variable)  et d’une aphasie (troubles du langage affectant l’expression et la compréhension).L’existence de troubles cognitifs avec un certain degré d’anosognosie(non reconnaissance de ses propres troubles) peuvent se rencontrer. Selon l’âge et la sévérité des troubles initiaux, on pourra constater une certaine récupération de certaines fonctions et de certains gestes.

De manière générale, les accidents hémorragiques sont plus graves que les infarctus cérébraux. A un an d’une hémorragie cérébrale, on compte seulement 50% de survivants et la moitié d’entre eux présentent un handicap important. Seulement un quart s’en sort bien et peut conserver son indépendance.

Les séquelles motrices et cognitives consécutives à un AVC font l’objet d’une rééducation qui débute dans l’unité neurovasculaire et peut se poursuivre dans un service de réadaptation. La plasticité cérébrale (capacité des neurones à recréer des synapses) permet parfois aux zones non atteintes du cerveau de suppléer aux fonctions perdues des régions nécrosées.

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